Comment rester en l'air

Le seul et unique "carburant" qui permet au planeur de voler c’est l'air qui l'entoure. Pour monter, il utilise les courants ascendants thermiques ou dynamiques. C'est en puisant dans cette énergie gratuite et intarissable que le pilote va maintenir son planeur et continuer à imiter l'oiseau.
 
aerologie01Les ascendances thermiques sont des colonnes d’air chaud déclenchées par des contrastes de températures au sol. Elles sont souvent matérialisées par des nuages cotonneux que sont les cumulus. Au sein de ces structures, l'air est surchauffé dans les basses couches de l'atmosphère. Moins dense que l'air ambiant, il s'élève alors avec une vitesse qui dépend de nombreux paramètres, tels que la nature du sol et la qualité de l’ensoleillement. Au cœur des ascendances thermiques, l'air s'élève plus vite que le planeur ne descend. Dans ces conditions, le pilote spirale dans la colonne d'air ascendante pour gagner de la hauteur, donc de l'autonomie.
 
Il est assez commun d'utiliser le vol thermique en montagne. De mars à septembre, par vent faible, les cumulus se forment au-dessus du massif. Leurs plafonds s'élevant avec la profondeur dans la chaîne. De 2000 à 2500m sur les crêtes du Luchonnais ils passent à 3000 m sur la frontière franco espagnole voire plus sur les versants Sud au-delà de celle-ci.
 
aerologie02Les ascendances dynamiques, dites orographiques, sont le résultat direct de l'action du vent (ou des brises) sur le relief qui force l'air qui le rencontre à s'élever. L’importance du courant ascendant ainsi généré dépend principalement de la direction et de la force du vent mais aussi de la stabilité de la masse d’air.
 
Si celle-ci est stable et le vent modéré, les filets d’air ont tendance à contourner l’obstacle. Si elle est instable les particules d’air poursuivent d’elle-même leur mouvement ascendant le long de la pente. Le pilote de planeur l’exploite en faisant des allers et retours le long de celle-ci. Grace à la brise de vallée présente tout au long de l’année, Luchon est le site idéal pour la découverte et le perfectionnement au vol de pente.
 
Lorsque la masse d’air est très stable, le vent fort et bien orienté par rapport au relief, l’air soulevé, après être passé au-dessus de l’obstacle tend à revenir à sa position initiale en effectuant une série d’oscillation que l’on peut assimiler à des sinusoïdes. C’est ce phénomène que l’on appelle communément l’onde.
 
Sur le massif Pyrénéen, si le vent est supérieur à 30 km/h en altitude, de secteur Sud à Sud-Ouest, l'onde s'installe sur la chaîne entière. Les plafonds, souvent matérialisés par ces majestueux nuages lenticulaires, permettraient d'atteindre des altitudes "astronomiques" si la législation ne nous demandait pas (à juste titre) de limiter l'altitude de vol à environ 6000m, ce qui offre déjà un spectacle fabuleux. La période favorable pour ce type de vol au départ de Luchon s'étale d'octobre à mai, à raison de 4 à 5 journées par mois.